Partager l'article ! Vient de paraître en France, « POÈMES DÉSHABILLÉS suivi de FRAGMENTS DE VOIX » de Thélyson Orélien: ...
« Je ne suis
Que moi-même
Ne suis que rien
Un homme à l’envers
Un monde à l’envers dévirginé »
Thélyson Orélien nous offre la nudité du verbe. A prendre ou à laisser. Avec une douceur de ton et de forme il nous emmène à travers les courants, les déliés, les vides et les pleins du corps sublimé, du corps astral, austral, magnétique. Magique ? Un corps qui «avait la forme de mes bras / l’espace de mes yeux ». Il nous entraîne dans un voyage immobile mais (in)augural.
« Et nous avons fait l’amour / jusqu’au verso du temps ». C’est bien de l’amour qu’Orélien nous parle. Et de lui. Il sait que l’amour comporte des risques, des écueils et des revirements. Il sait bien que l’amour est une substance qui peut brûler l’esprit aussi sûrement que l’eau enflamme le sodium. Et pourtant il franchit le pas, se jette à l’eau et nous lance ses vers comme des étincelles du milieu de l’océan. Sa marche nue dans la lumière de cet amour n’est pas un choix, mais une nécessité. L’homme n’a pas le pouvoir de décider, comme les loups il suit son instinct. Il n’y a ici ni bien ni mal mais seulement l’évidence de l’action associée à la volupté de la pensée.
Il nous dit son désarroi face à la solitude, à l’absence de l’être aimé, et aussi à l’absurdité de n’être qu’une goute de chair éperdue à la conscience du vide. Il nous rappelle la perte originelle qui sépare les sexes et les enferme arbitrairement. Il y a la blessure de celui que l’esseulement fait replonger dans la douleur et la mélancolie plus profondes de la séparation irrémédiable qui l’a vu naître homme. Cette coupure franche qui nous fait passer de l’indistinct à l’individu. D’un monde à l’autre, avec un aller simple.
Ce que les mots s’évertuent à découvrir « comme une courte / et assourdissante folie », c’est bien le mystère du temps, le mystère du silence indissociables de l’absence. Du vide. Tel un mystique sans confession, sans plus d’attache, avec toujours au premier plan cet amour, l’ancien amour, qu’il croit étoile du berger à même de guider ses pas mais qui s’avère étoile filante ne laissant derrière elle qu’un sillage de soufre et la douleur au ventre. Puis le creusement, l’affouillement de cette douleur jusqu’à atteindre la perle noire au centre pour « redire l’aveu / l’abime / ou la spirale de l’extase / dans le vide prononcé ». Déconstruire chaque parcelle de sentiment pour de ses infimes réminiscences espérer refaire exister l’être aimé. Recréer le présent de l’amour, cet Eden d’où il a été chassé sans crier gare « pour un débris de pain frileux ». Mais il n’est pas dupe. La douleur aiguise l’intellect. Il grandit. Il sait intimement qu’à défaut, ses poèmes de l’absence lui serviront tôt ou tard à conjurer un nouvel amour.
Dans l’écriture d’Orélien il y a le souffle et le rythme, le savoir intime du rythme. La maîtrise des espaces de silence qui fondent les mots et les vers. Ces vides et ces absences sont à lire au même titre. Ils font écho à ce vide existentiel et pour cela constituent parfois le cœur du poème. De la faille séparant deux versets surgit un autre poème non dit, non verbal, plus grave et plus profond, venu du lointain du songe ou de l’inconscient. A nous d’en percevoir les formes dans la transparence. Le poète nous convie parfois à un tango, comme il le dit, mais plus souvent au rythme du kompa ou de la musique racines de son pays. Il y a la mélancolie des corps qui chaloupent nonchalamment pour oublier tout ce que la vie apporte de privations. Le « rythme fatigué de la main », comme il est annoncé dès le premier poème. Une main qui de crainte de tout perdre, de se perdre, s’efforce « de tout écrire / de tout produire », jusqu’à l’épuisement.
Le poète nous montre la lumière. Dans un pays qui ne finit pas d’en baver au rythme des séismes, des cyclones et des dictateurs, dans un pays où manger est pour beaucoup une activité moins que quotidienne, dans un pays où l’idyllique beauté semble tromper si sûrement les hommes, la vie ne pourra malgré tout être complètement éradiquée.
Dans un pays blessé, écorché, aux chairs encore béantes, il reste place pour l’humanité. Et pour l’amour.
Les poèmes de Thélyson Orélien déshabillent l’âme d’une certaine liberté.
Arnaud Delcorte,
Pennsylvanie, Septembre 2010
Paris, le 18 avril 2011
Note de lecture : " Poèmes déshabillés suivi de Fragments de voix " de Thélyson Orélien
Tenté par l’hermétisme, le recueil " Poèmes déshabillés suivi de Fragments de voix " de Thélyson Orélien porte néanmoins une parole forte, resserrée, qui vise juste et souvent fait mouche [« L’écriture / Si cruelle des fois / ne s’écrit / Qu’à stylo de sang / Elle n’habite que l’air / Et valse avec la compréhension dérobée », page 8.] Poèmes d’amour, poèmes sensuels qui exigent d’autant plus de maîtrise qu’ils expriment l’étendue [« Ton corps / Avait la forme de mes bras / L’espace de mes yeux », page 15]. La préface signée Arnaud Delcorte relève la proximité du physique, du charnel même, et du métaphysique qu’on retrouve constamment liés : [« Et nous avons fait l’amour / jusqu’au verso du temps »] [...]
Bruno Doucey, éditeur
Repère: Thélyson
Orélien étudie à la Faculté des Arts et des Sciences de l'Université de Montréal. Auteur,
il commença dans la chanson pour ensuite s'adonner à l'écriture poétique. Il a publié en collectif aux Editions de l’Hèbe «
Les couleurs de ma terre » qui lui a valu lePrix
International Jeunes Auteurs PIJA.
Finaliste duPrix
Arthur Rimbaud de la Fondation Emile Blémond pour «
L’ombre qui colle à mes pas » . Certains de ses textes sont parus dans plusieurs révue et anthologie, dont «
La Nouvelle anthologie de la jeune poésie d’aujourd’hui » de la Maison de Poésie de Paris, dans «
Le Persil » journal littéraire avant-gardiste de la Suisse romande, dans «
DiptYque », revue belge, dans le collectif «
Ancre des dattes » aux Editions Page Ailée et dans l’Anthologie «
Poètes pour Haïti » paru
chez l’Harmattan. Ses derniers livres
« Poèmes déshabillés suivi
de Fragments de voix » et «
Le rythme fatigué de ma main » sont aparus en France.
Poèmes déshabillés suivi de Fragments de voix
Édilivre, Éditions APARIS (Éditeur Indépendant)
Collection Tremplin, 74 pages.
ISBN : 978-2-81215-907-7,
Dépôt légal : Juin 2011,
Imprimé en France, 2011.
Prix 12,50 €
Pour les commandes : Le livre est disponible sur Amazon, Dilicom et dans des librairies en France
Les Écrits des Forges sont heureux d'annoncer la nomination de Claude Beausoleil, (écrivain québécois, poète et essayiste) directeur de la revue Lèvres urbaines et membre du conseil d'administration des Écrits des Forges, au poste de conseiller artistique du nouveau volet «Poésie/Blues» du FestiBlues International de Montréal. Ce nouveau projet s'ajoute à la programmation du FestiBlues dans le cadre du 15ième anniversaire de l'événement. De Billie Holiday à Jack Kerouac, en passant par Louis Geoffroy, le rythme des mots sera au rendez-vous dès le mois d'août 2012. Plus de détails sur le site de l'événement au : festiblues.com
21 poètes pour dire une journée...
Par Thélyson Orélien
[...] La poésie répond à des besoins personnels et sociaux de la société actuelle, elle permet de réfléchir aux thèmes universels. C'est un moyen de communication et de fraternisation entre les peuples. La poésie, une arme contre la violence et les guerres! Donc, la poésie serait parole d'espoir, malgré tout. De tous les avatars que nous traversons durant notre passage terrestre, que restera-t-il sinon ces paroles mille fois enroulées et déroulées, et quelques gestes qui nourriront les légendes ? Lire la suite >
Voyage en Haïti, présentation des recueils des auteurs haïtiens : (Yves Patrick Augustin - Jean-Robert Léonidas - Fabian Charles - Thélyson Orélien - Pierre Moïse Célestin) présentés par Dana Shishmanian et Arnaud Delcorte. Lire la suite >
Du 10 au 19 mai au Forum des Halles, venez admirer les encres de Nadine Fabry dialoguant avec les mots de Matthieu de Nanteuil. Une ouverture vers la rêverie et la douceur dans le cadre de la saison sur les Ruptures. Lire la suite>
À son retour d’exil en 1871, V. Hugo est témoin du siège de Paris et de la Commune, ce gouvernement révolutionnaire imposé par le peuple parisien. Mais les forces de l’ordre le répriment violemment. Un an après, paraît «A qui la faute» dans le recueil «L’Année terrible» qui relate cet épisode sanglant. Dans cette pièce d’une soixantaine d’alexandrins, le poète évoque l’incendie de la bibliothèque du Louvre par des Communards, le 24 Mai 1871. Le poème est composé d’un dialogue à deux voix entre l’incendiaire et une sorte de juge visionnaire qui s’indigne contre ce crime. Mais l’accusation se transforme en un hymne fervent au livre. Thélyson Orélien, rédacteur de Parole en Archipel a eu le plaisir de transcrire ce texte sur le site le 25 juin 2009, 138 ans, après sa d'écriture (25 juin 1871). Le style de l'éloge enthousiaste porte ainsi un violent plaidoyer en faveur du livre tandis que le dialogue donne une grande force dramatique au texte. Lire la suite >
C’est de la pure littérature, l’écriture de Louis-Philippe Dalembert frise la perfection. Sorti de la Sorbonne l’haïtien s’est imprégné jusqu’au goulot de la manière d’écrire à l’européenne sans oublier ses racines et les a ainsi entortillées jusqu'à donner ce résultat sans cohérence, fait exprès par l’auteur. Mais certains se plaignent justement de l’absence de ligne directrice à travers ses romans, d’autres le considère comme une bouchée d’oxygène hors du spiralisme de nos grands écrivains. En arrière-plan de ses œuvres traversant le monde car vagabond de son être, il transmet toutes ses aventures à l’écrit et creuse dans sa mémoire pour atteindre le nectar de son enfance, l’errance haïtienne. Et justement ce qui manque à l’écriture de Louis Philippe Dalembert est l’accès à l’adulte, avec un soin que Boileau théorisait dans son Art Poétique, maintes fois sur le métier le romancier devrait se mettre a l’ouvrage comme Flaubert ou d’autres….son œuvre serait plus propre sans toutes ces onomatopées et histoires puériles qui remplissent les pages pour le temps gaspillé du lecteur. Du crayon du bon Dieu qui n’a pas de gomme à l’autre face de la mer, on sent que l’auteur murit, Qu’il prenne plus de quelques mois à l’ouvrage et enlève près de trois cent pages non nécessaires. Ainsi son style méritera enfin d’être un classique de la villa Médicis.
Fabian Charles.-
Le Centre de la francophonie des Amériques va lancer en mai prochain la Radio Jeunesse des Amériques en partenariat avec la Fondation Radio Enfant. La Radio jeunesse des Amériques est une radio multimédia animée par des jeunes, émanant des milieux scolaires et communautaires dans les Amériques. Cette radio jeunesse éducative et ludique, permettra de renforcer les liens entre les communautés francophones et francophiles vivant dans les Amériques. Elle sera multimédia par sa diffusion sur le web. Lire la suite >
C'est seulement aujourd'hui que je découvre cette bonne nouvelle. Les mots d'Arnaud Delcorte sont une vibrante invitation à lire les poèmes de Thélysson Aurélien. Celui-ci, dit-il, lance ses vers "comme des étincelles du milieu de l'océan". C'est qu'il a choisi de se jeter à mots perdus dans les profondeurs de la douleur, l'épreuve de l'absence et du vide... pour mieux rejaillir dans la lumière d'une joie de vivre et d'un amour "qui n'est pas un choix, mais une nécessité".
Je vais m'empresser d'acquérir ce recueil et encourager vivement la bibliothèque où je travaille à l'acquérir afin d'enrichir notre rayon poésie de cette parole vibrante et nue qui souffle d'Haïti, l'île à poètes... Merci, Thélysson.
Nous vous remercions de votre commentaire riche et évocateur.
Amitiés!!!!!!!!!